31 août 2012

Critiques - Août 2012

"Rhoo, comment il déchire, ce film !"                                                                      "Trop d'la bombe, la 3D !"                        

Salut tout le monde (soit les trois ou quatre personnes qui n'auront pas déjà oublié l'existence de ce blog) ! Je vous ai manqué ? Non, ne répondez pas (pitié, ne répondez pas)... Je sais que vous devez énormément m'en vouloir : cela fait en effet un bon moment que je n'ai pas publié l'une de ces critiques exceptionnelles et époustouflantes dont moi seul ai le secret et, forcément, je suppose que vous en êtes profondément attristés, voire complètement bouleversés. Sans le soutien de ma prose lumineuse et enjouée, vos petits yeux asséchés n'arrivent plus à s'émerveiller devant des films que vous auriez peut-être autrefois adorés, votre bouche pâteuse ne trouve plus aucun goût au pop-corn sucré dont vous aviez pourtant l'habitude de vous délecter et une insoutenable déprime commence à meurtrir votre pauvre petit cœur atrophié d'enfant abandonné... Mais n'ayez crainte car, comme dirait l'ami Shwarzy dans le récent et bourrin Expendables 2 : "I'm back !" Néanmoins, ayant aujourd'hui malheureusement bien moins de temps libre que durant la période bénie qui a permis l'ouverture tonitruante et fracassante de ce cher Kick-Ass Movies, je continuerai dorénavant mes activités de critique acerbe et dévoué en suivant une nouvelle formule, plus adaptée à ma situation actuelle : je rédigerai donc à présent un seul et unique article en fin de mois, sous forme de compte-rendu des différents films que j'aurais eu la chance (ou le malheur) d'avoir vus, en donnant mon avis sur chacun d'entre eux d'une manière se voulant bien plus légère et rapide qu'auparavant. Dans ce sens, mes critiques ne sonneront donc plus comme des encouragements à vous ruer dans les salles de ciné, mais deviendront plus une base pour échanger, après coup, nos différents ressentis sur les nouveautés du mois écoulé ou un moyen de vous motiver à acquérir plus tard, en DVD ou Blu-ray, tel ou tel long-métrage que vous auriez alors raté. Petit plus : je m'autorise désormais à critiquer les films que j'aurais vus ailleurs que sur grand-écran et parfois sortis depuis un bon moment, car après tout, je fais ce que je veux, non ?



The Dark Knight Rises (de Christopher Nolan) : J'avais commencé à écrire une critique hyper-longue et argumentée sur le dernier film de Christopher Nolan, mais nouvelle formule oblige, je vais finalement être beaucoup plus bref : je n'ai pas aimé. Disons que j'ai trouvé que le film se prenait vachement au sérieux alors qu'en y regardant bien, derrière l’esbroufe visuelle et sonore, il nous racontait une histoire quand même un peu con-con. Être sérieux, c'est bien ; être con-con, c'est bien aussi (Batlleship !) ; mais les deux à la fois, ça passe pas. Et puis honnêtement, le film est bourré de petits trucs mal foutus et de légères incohérences scénaristiques, de celles qui ont fait que certains ont totalement détesté Prometheus (ce que j'avais alors pour ma part excusé au métrage de Ridley). Mais là où, malgré ses réels défauts, Prometheus m'a offert des scènes exceptionnelles qui m'ont viscéralement secoué (l'auto-césarienne !), The Dark Knight Rises, en plus de soucis du même acabit, ne m'a malheureusement jamais transporté, étonné ou même un tant soit peu marqué... On ne peut pourtant pas dire que le film soit raté : je crois que c'est juste une question de sensibilité. On n'a qu'à dire ça comme ça...



Batman - Year One (de Lauren Montgomery et Sam Liu) : Déçu par l'ultime volet de la version Nolanesque de notre cher Batounet, j'ai alors eu la bonne idée de me rabattre sur les derniers films animés du sombre justicier, dont ce récent Batman - Year One bien nommé. Bien nommé car on y découvre, sur toute une année, les premières tentatives masquées d'un Bruce Wayne fraîchement rentré au bercail après une longue absence dans des contrées éloignées, en parallèle des premiers états de service d'un Jim Gordon à peine muté dans une Gotham City plus pourrie que jamais. Avec un design classieux et une animation impeccable, le film s'intéresse principalement à la corruption policière qui gangrène la ville et au développement psychologique de notre chauve-souris chérie et de son futur ami commissaire, nous apparaissant alors comme les deux faces complémentaires et nécessaires d'une même pièce dans leur lutte commune contre le crime. On est ici en plein film noir et ça, ça fait plaisir à voir ! Cependant, cette adaptation d'un comics culte fait l'erreur de vouloir rester trop fidèle au matériau d'origine. On se retrouve du coup avec la présence d'une Catwoman parfaitement inutile (on devine qu'elle doit l'être dans la suite du comics mais le film n'allant pas jusque là, il aurait été préférable de la supprimer carrément) et la très dommageable absence de l'un de ces charismatiques bad guy désaxés qui font en grande partie le succès de la série (idem : pas dans le comics, mais une petite entorse à ce niveau aurait été la bienvenue). Et comme le tout ne dure qu'une petite heure, pile-poil, on a forcément un peu de mal à en ressortir avec l'impression d'avoir vu un grand film... Mais ne boudons pas notre plaisir : Batman - Year One est un excellent dessin animé et clairement un indispensable pour les fans du plus "grand détective du monde" ! (J'ai oublié de préciser, au cas où : ce n'est évidemment pas un dessin animé pour enfants, mais bien une œuvre mature et parfois violente à destination des adultes)



Batman - Under The Red Hood (de Brandon Vietti) : Bien parti sur ma lancée, je me suis alors jeté sur le précédent film d'animation mettant en scène mon petit Batman adoré : Batman - Under The Red Hood. Et alors là, autant le dire de suite : c'est une p**ain de tuerie ! IT'S A KICK-ASS MOVIE, BABY ! Ne connaissant pas du tout le comics d'origine (mis à part quelques one-shot et, maintenant, les nouvelles séries publiées en France dans le mensuel Batman Saga) et ne m'attendant donc pas une seule seconde à ce que j'allais voir, je me suis retrouvé tout bonnement sur le séant, en découvrant une histoire aussi dramatique que captivante, pleine d'émotion et proposant une vraie réflexion sur l'une des caractéristiques fondamentales du célèbre justicier. Surtout, le film est réalisé d'une main de maître et nous offre de nombreuses scènes d'action à couper le souffle (et à l'animation sans faille), des dialogues extrêmement bien écrits (avec parfois une touche d'humour) et superbement joués (les doubleurs sont excellents), ainsi qu'un déroulement parfaitement millimétré et d'une clarté toujours constante, malgré les nombreux flashbacks et différents personnages présents (et sans aucun effet de manche inutile, si vous voyez ce que je veux dire...). On retrouve tous les éléments qui, à mon avis, font le principal intérêt de l'univers du héros le plus torturé des publications DC : une Gotham aussi moderne que gothique, la guerre contre le crime organisé, des ennemis surréalistes et dangereusement déjantés, des gadgets à gogo en veux-tu en voilà, du mystère, de l'action, du drame, du fantastique (ça, ça m'avait manqué !) et bien sûr, un Batman aussi imperturbable dans son idéal de justice que humainement meurtri sous son costume usé. Avec, qui plus est, un final intense et carrément touchant (j'ai failli pleurer lors du dernier plan), Batman - Under The Red Hood a pour moi été une véritable claque, qui m'a refait aimer un personnage iconique pour ce qu'il est vraiment. C'est simple : après l'avoir vu en mauvaise qualité sur mon PC, j'ai de suite commandé le Blu-ray en import (celui-ci n'est d'ailleurs pas très cher et surtout pas zoné, avec sous-titres français qui plus est). Je vous le redis : une tuerie !



Green Lantern - First Flight (de Lauren Montgomery) : Après avoir vu un Batman animé surpassant à mes yeux son actuel homologue en salles pourtant pas complètement raté, je me suis alors logiquement dit : "Tiens, s'il existait également un film d'animation sur Green Lantern, il serait lui aussi certainement un milliard de fois mieux que sa version live qui elle, pour le coup, n'était rien d'autre qu'une grosse daube avariée mal gerbée (tout comme le design du grand méchant immonde que l'on y trouvait) !" Et j'ai ainsi découvert ce Green Lantern - First Flight qui, sans peut-être arriver au niveau d'excellence de Under The Red Hood, est une pure bombe écrasant à plates coutures chaque milliseconde du navet astral dans lequel Ryan "yeux de poisson" Reynolds montrait ses tablettes de chocolat entre deux tentatives manquées de blagues de pépé. Comme quoi, la logique, ça a du bon ! Oubliez donc la bouse ciné et son héros couillon (aux yeux de poisson) avec sa petite copine super-reloue (bien qu'ultra-bonasse), le vilain humain menthe-à-l'eau (jeu de mots) ou le gros caca spatial final et les combinaisons vert fluo en synthèse cheap de chez Kiabi (j'espère d'ailleurs que le responsable des SFX a depuis fait comme le chanteur de Joy Division), sans compter les dialogues aussi ringards qu'interminables et l'aberrant manque d'action faisant passer le premier Fantômas pour le meilleur Die Hard... Ici, Hal Jordan découvre son anneau et ses pouvoirs en cinq-dix minutes à tout péter, avant de partir pour l'espace et de ne plus jamais reposer les pieds sur Terre pendant les 1h20 que dure le métrage. On est ainsi directement propulsés dans un impressionnant space opera où de nombreux affrontements explosifs et intenses s'enchaînent tambour battant sur fond de complot interstellaire et de références "Star Wars" joyeusement assumées (le bar rempli d'extraterrestres chelous), pour finir sur un duel épique, flashy et over the top aux allures d'épisode survitaminé de Dragon Ball Z dont on aurait largement gonflé le budget, rien que ça ! IT'S A KICK-ASS MOVIE, BABY ! (Là aussi, je crois que je vais me laisser tenter par le Blu-ray en import, un de ces quatre...) Et pour ceux qui y jetteront un œil et auront aimé (y a intérêt), vous pourrez continuer à explorer l'univers cosmique de DC avec Green Lantern - Emerald Knights, visuellement légèrement supérieur (car plus récent) mais tout de même bien moins intéressant sur le plan scénaristique (car enchaînant plusieurs histoires courtes séparées au lieu de proposer une vraie grande aventure comme son ainée). "En plein jour, dans la nuit noire, nul mal n’échappe à mon regard. Que ceux qui devant le mal se prosternent, craignent la lumière... des Green Lantern !"



Rebelle (de Mark Andrews et Brenda Chapman) : Lorsque j'ai vu les premières images de Rebelle, il y a un bout de temps maintenant, je suis immédiatement tombé sous le charme de l'esthétique du dernier Pixar. Une chevelure rouge feu au milieu d'une forêt verdoyante et mystérieuse, trois petites notes de cornemuse en fond sonore : il n'en fallait guère plus pour titiller mon âme de fier guerrier écossais (j'ai plutôt des origines de Pied-Noir Espagnol d'un côté et bon vieux Français de l'autre, mais depuis Braveheart, on clame tous "Ich bin ein écossais", non ?) Puis vinrent les bandes-annonces et là, je dois l'avouer, j'ai eu un peu peur : "Mais de quoi ça parle, ce truc en fait ? C'est quoi l'histoire ? Ils expliquent rien parce que c'est génial ou parce que c'est tout pourri ?" Il faut aussi dire que le traumatisant Cars 2, dont si peu de personnes semblent pourtant avoir réalisé l'abyssale nullité, était passé par là, favorisant insidieusement cette terrible et dévorante inquiétude... Je suis donc arrivé au cinéma en étant loin d'être conquis par avance et, résultat... J'ai été on ne peut plus agréablement surpris ! Rebelle, c'est juste tout ce que j'aime chez Pixar (et Disney), soit une histoire familiale mais pas stupide, merveilleuse mais pas gnangnan, drôle et divertissante, mais avec de vraies valeurs en toile de fond. Car oui, au risque de passer pour un vieux réac peu ragoûtant, j'aime le côté "valeurs familiales" de ce genre de productions et ne fais donc pas partie de ceux qui trouvent "has been" d’inculquer une certaine morale aux spectateurs, qu'ils soient petits ou grands. Qui plus est lorsque c'est fait avec autant de finesse, de naturel et d'émotion que dans ce sublime Rebelle ! Pour tout dire, j'en suis même allé de ma petite larmichette sur la fin (et plusieurs quarts de larmes un peu avant), à force de prendre en pleine poire les nombreuses et immenses vagues d'amour que nous délivre généreusement ce film magique et chaleureux. Et si je ne vous dévoile rien sur l'histoire, c'est car celle-ci s'avère vraiment originale (plus dans son traitement que dans son concept de base) et vous étonnera et vous emportera certainement autant que moi, si vous n'avez pas encore eu le plaisir de voir ce petit bijou plein de poésie, de bonté et de grâce qu'est Rebelle (alléluia !) IT'S A KICK-ASS MOVIE, BABY !



Friends With Kids (de Jennifer Westfeldt) : "Comment ? Un film de gonzesses sur Kick-Ass Movies ?! Mais c'est inadmissible ! C'est une honte, Monsieur, une honte ! Que dis-je, une honte ? Un scandale, oui ! Je vous crache ma nausée à la gueule, moi, Monsieur ! C'est scandaleux ! Vous m'entendez ? Scan-da-leux !" On se calme, les petits ! Quitte à changer de formule et à parler moins longuement des films de genre ou d'animation que j'ai pu adorer, autant me permettre de parler également des autres films que j'ai pu bien aimer. Je n'ai d'ailleurs aucune honte à vous l'annoncer de but en blanc : j'aime les comédies romantiques. Premièrement, cela va de pair avec ma constitution de petit-ami parfait (demandez à ma chérie) et, deuxièmement, tout vrai fan de cinéma, malgré des inclinaisons inévitables pour un ou plusieurs domaines particuliers, aime tout le bon cinéma, quel qu'il soit. Dans ce sens, Friends With Kids est un vrai bon petit film, m'ayant fait passé un très agréable moment, et sur lequel j'ai donc naturellement envie de vous toucher deux mots. Parfois très marrant, souvent étonnement sérieux (sans pour autant tomber dans le pathos récurent provoqué par la mort du chien ou le cancer de Noël), plutôt malin par moments et, au final, réussissant à rester profondément romantique tout en évitant l'écueil de la trop grande niaiserie habituelle. De plus, un certain détail non-négligeable m'a paru sensiblement distinguer ce Friends With Kids de la pléthore de photocopies que produit généralement le genre : ce dernier ne nous propose pas uniquement un éternel point de vue exclusivement féminin, mais s'intéresse également à notre propre ressenti, à nous les hommes, dans cette histoire d'amour tournant (initialement) autour d'une question aussi simple qu'essentielle : L'enfant est-il un tue-l'amour ? Les différentes réponses ici proposées nous dressent alors un tableau assez réaliste de la complexité des relations amoureuses modernes, ce dernier s'achevant pudiquement et logiquement sur une fin hommage au classique Eyes Wide Shut de Kubrick. Nous voilà donc en face d'un bon petit cru, parfait pour une dégustation à deux lors d'une soirée chaussons, TV et canapé, avec plaids ringards montés jusqu'au nez (si vous êtes célibataire, passez évidemment votre chemin). Et puis, il est toujours agréable de se promener dans les rues bondées d'un New York hivernal ou de faire une petite ballade dans un Central Park roussi par l'automne, pour la modique somme d'une place de ciné. Et si l'on y croise Megan Fox qui plus est, on n'a vraiment plus aucune raison de se priver !



Abraham Lincoln - Chasseur de Vampires (de Timur Bekmambetov) : Pour ce film, on peut reprendre mon assassine formulation concernant The Dark Knight Rises, mais en la multipliant par quarante-deux milliards degrés d'intensité et de véracité (pourquoi "quarante-deux" ? Parce que) : Être sérieux, c'est bien ; être con-con, c'est bien aussi (Batlleship !) ; mais les deux à la fois, ça passe pas. Le problème d'Abraham Lincoln - Chasseur de Vampires, ce n'est effectivement pas de nous raconter l'histoire la plus débile qui soit (au contraire, ça aurait pu être génial !), mais de le faire sans jamais une seule once de second degré (ou de talent). Le film n'est pas drôle. Pas drôle du tout. Pas une seule fois. Vraiment pas drôle. Pas drôle. Vraiment pas. Après, je veux bien que cela soit le résultat d'un parti pris, le réalisateur ayant peut-être pensé que l'austérité de la narration et des dialogues contrasterait originalement avec l'absurdité du propos... Mais dans ce cas, comment expliquer ces scènes d'action moisies toutes filmées comme un vieux nanar post-Matrix nous balançant une tonne de "Bullet Time" dans la tronche à chaque petite claque, lancer de cure-dent ou piqure de moustique ? Et tant bien même serions-nous également là en face d'un choix artistique aussi réfléchi que douteux, en quoi est-ce que celui-ci pourrait-il cependant excuser la pathétique et ahurissante médiocrité de l'ensemble ? C'est long, c'est mou du genou, pas intéressant pour un sou et aussi fendard qu'une pierre tombale ou un chaton écrasé sur un bord d'autoroute : aucun parti pris de toute l'histoire du cinéma (pas même dans sa version fictive où Spielberg et Lucas sont des vampires) ne pourra jamais justifier un tel niveau de nullité. De toute façon, lorsque l'on ne peut s'empêcher de bâiller aux corneilles tout du long, même pendant les scènes d'action, il ne faut guère se poser de questions : ça va à la poubelle et on n'en parle plus. Bon... J'ai menti. Il y a bien un truc presque drôle dans cette bouse infâme retraçant la fausse vie soporifique d'un Abraham Lincoln narcoleptique : un combat aussi surréaliste que débile sur des chevaux intégralement en images de synthèse baveuses et moches comme les cinématiques d'un vieux jeu Saturn. Mais à part ça, c'est le néant.



Total Recall - Mémoires Programmées (de Len Wiseman) : On va peut-être me reprocher de faire une fixation sur ce film mais, dans une bien moindre mesure, j'ai l'impression de retrouver une sorte "d'effet Prometheus" dans la manière dont la majeure partie des critiques semblent percevoir ce gentillet remake du film éponyme de Verhoeven : comme pour le cultissime Alien dont tout le monde semble avoir oublié les flagrants défauts le rapprochant parfois du plus basique des slashers ("Nous, on continue à chercher l'alien avec nos gros flingues dans le coin et toi, tu vas chercher le chat là-bas, tout seul et sans aucune arme"), tout en criant à l’infamie lorsque des erreurs similaires osent pointer le bout de leur nez dans le dernier volet de la saga, le Total Recall de l'ami Schwarzy semble également à présent entouré d'une intouchable auréole de sainteté, alors que son remake ne puisse apparemment éviter d'être automatiquement transformé en crachoir ou toilettes publiques pour les innombrables nostalgiques hantés par le persistant leitmotiv du "c'était mieux avant". Je sens venir la levée de boucliers, mais au bout d'un moment, il faut peut-être arrêter de "se branler aux vieux souvenirs" (citation d'un grand poète) et remettre les pendules à l'heure : Totall Recall premier du nom était effectivement un sympathique actioner SF, plutôt bourrin (voire un peu con), avec une bienvenue touche de gore et un léger côté parano pour toile de fond, mais certainement pas le Citizen Kane futuristico-nineties que tant de personnes aiment bizarrement à se rappeler. Des fois, je me demande juste si on a bien vu le même film, ou si tous ces critiques pompeux n'ont pas simplement mis par inadvertance la cassette de Blade Runner ou Bienvenue à Gattaca dans leur boîtier VHS poussiéreux arborant fièrement la gueule de Schwarzy en gros plan... Et si ces Mémoires Programmées ne sont peut-être pas au même niveau que la version originale dont elles sont tirées, elles ne nous offrent pas pour autant un spectacle forcément honteux et irrévocablement indigne d'être visionner ! Parmi les points positifs exclusifs à cet honnête remake, on pourra d'ailleurs noter en vrac : la présence d'un background assez travaillé, avec notamment ces décors de bidonville multiculturel futuriste superbement réalisés ou cette séparation géographique extrême entre les classes aisées et prolétaires (on pense un peu à Blade Runner pour le premier point et beaucoup au manga Gunm pour le second) ; le rôle plus important accordé à l'excellent personnage de la femme-tueuse increvable, véritable publicité anti-mariage impeccablement interprétée par une Kate Beckinsale toujours physiquement au top (et introduite par un merveilleux plan culotte !) ; des courses-poursuites endiablées mettant intelligemment les différents décors à profit dans le déroulement même de l'action (la scène des ascenseurs ou celle avec l'inversion de gravité) ; ou encore une scène paranoïaque à souhait avec le retour d'un vieil ami et son discours qui nous fait un instant sacrément douter de la réalité... Malheureusement, j'ai personnellement trouvé que le film s’essoufflait énormément sur sa seconde moitié, et il rejoint donc pour moi la catégorie des métrages divertissants que je n'ai cependant pas spécialement envie de revoir avant un bon moment. Mais de ce que je m'en rappelle (et non de l'idée étrangement lissée que certains s'en sont fait), c'est à peu de choses près ce que j'avais pensé du premier.



Expendables 2 - Unité Spéciale (de Simon West) : Bon, là, on va faire exactement comme le film dont il est question, et donc ne pas tourner autour du pot : quel p**ain de pied ! IT'S A F**KING AWESOME KICK-ASS MOVIE, BABY ! Tonton Sly en grande forme, Schwarzy de retour et qui ne cesse de nous le rappeler, Bruce Willis et Statham plus chauves et drôles que jamais, Chuck Norris en nouvelle icône internet assumée et un JCVD énorme en bad guy complètement chtarbé : que demande le peuple ? Seul petit bémol à mes yeux : Jet Li qui nous dit bye-bye après une introduction musclée mettant néanmoins superbement en valeur ses fulgurants coups de pieds... Mis à part ça, pas besoin d'en rajouter : Expendables 2 gomme toutes les imperfections du premier volet et se trouve bel et bien être la bombe que l'on attendait. Stallone et son équipe de gros bras peuvent buter toutes les chauves-souris bulgares qu'ils veulent, on leur pardonne sans problème au vu de l'immense générosité dont fait preuve le morceau de bravoure cinématographique ultra-baraqué qu'ils nous ont ici délivré (personnellement, je n'hésiterais même pas à en tuer de mes propres mains un autre millier, si cela pouvait nous assurer de bientôt voir un troisième épisode d'une telle qualité). Reposez en paix, pauvres rats volants de Bulgarie, vous êtes morts pour la bonne cause (et j'en connais un qui aurait pu/dû prendre exemple...) ! YIPIKAYE, MOTHER F**KER !



Detention (de Joseph Kahn) : Voilà le type même du film que l'on adore ou que l'on déteste totalement, sans demi-mesure possible. Hyper-speed, hyper-référentiel, hyper-clippé, hyper-délirant, hyper-gore et hyper-branché, Detention a presque tout de l'effet de style sur-maîtrisé mais, à mon sens, pas seulement... En effet, derrière son esthétique on ne peut plus travaillée, ses dialogues verbeux à la coolitude exacerbée, son scénario absolument barré (presque hermétique si on le regarde en étant un peu fatigué) et son montage aussi épileptique que savamment orchestré, le film auto-produit de Joseph Kahn nous laisse aussi entrevoir un véritable cœur d’artichaut, immense et moelleux comme le succulent gâteau au yaourt de maman dont on se goinfrait étant enfant. Car Detention est avant tout une fougueuse et sincère lettre d'amour au cinéma de genre, à la culture pop, à la jeunesse larguée et à la pas si lointaine quasi-naïveté des années 90 où grand nombre d'entre nous sont toujours restés coincés. Sous ses airs un poil pédant, Detention est en fait une honnête variation du Nowhere de Gregg Araki (ou son récent Kaboom) en plus candide, plus sanglant et plus accessible (mais aussi bien moins "gay friendly"). Une tentative culottée (et à mon avis plutôt réussie) de réunir cinéma de genre et d'art et d'essai dans une explosion grunge fluorescente, sanguinolente et déjantée. Il manque peut-être juste au film cette douce sensation de spleen propre à l'adolescence, qui en aurait alors fait un parfait mélange entre Donnie Darko, Scream et Fight Club, soit un objet filmique insaisissable qui aurait pu devenir le nouveau pilier des actuelles soirées DVD entre lycéens désenchantés (qu'est-ce que j'ai d'ailleurs pu les mater, ces trois-là...). Detention n'en reste pas moins un film unique et hautement recommandable, que tout amoureux du cinéma de genre se devrait de voir, le risque d'être déçu étant ici bien moins grave que celui d'éventuellement passer à côté d'un futur objet de culte démesuré. IT'S A KICK-ASS MOVIE, BABY !



Hobo with a Shotgun (de Jason Eisner) : Machete en beaucoup (beaucoup beaucoup) plus gore, bourrin, rythmé, crade, intelligent, sérieux, méchant et dérangeant. Par rapport au film de Rodriguez, dont il reprend l'aspect grindhouse et la trame principale suivant un vigilante atypique sous fond de critique sociale, Hobo with a Shotgun perd en humour bas de plafond ce qu'il gagne en violence et en subversion (ce qui n'est pas pour me déplaire). Comme dans un effet grossissant et déformant de notre triste réalité, on suit alors ici la vendetta d'un clochard (génial Rutger Hauer) se rebellant arme à la main contre une société pourrie dont il ne supporte plus l’insoutenable perversité, cruauté et lâcheté. Et là où une telle trame aurait pu faire l'erreur de tomber dans le cliché du pauvre bougre ne méritant pas son triste sort et se vengeant du monde entier dans un acte de folie désespérée, le réalisateur Jason Eisener a plutôt l'intelligence de nous présenter un personnage principal que l'on devine seul responsable de sa peu enviable situation et regagnant alors son humanité, non dans la vengeance bête et méchante bien que méritée, mais dans l'application d'une réelle justice (aussi expéditive soit-elle) et la protection de la veuve et de l'orphelin (ou plus précisément d'une jeune prostituée), tel un véritable et old school héros masqué. Au final, le message est simple : on ne mesure pas la qualité d'un homme à ses biens, à ses relations ou à sa position sociale, mais bel et bien à ses restes d'humanité. Et dans une ville où la criminalité règne et où la classe moyenne ferme les yeux pour tenter de conserver ses privilèges atrophiés, seul un homme qui a déjà tout perdu (et donc tout à gagner) est alors prêt à se lever contre l'oppression de ceux qui ne connaissent que la valeur de la force et des gros billets. Dans un déluge d'hémoglobine, de tripailles et de coups de fusil, Hobo with a Shotgun nous offre ainsi un héros aussi incongru que charismatique, suivant une quête aussi barbare que cathartique. On n'a plus qu'à rajouter une galerie de personnages frappadingues, du genre que l'on adore détesté (les deux fils tarés et sadiques du boss local, avec leur look décalé de jeune Tom Cruise gentillet), des scènes joyeusement dégueulasses comme on en fait plus depuis trop longtemps (le clodo pinata ou le coup du bras dans la tondeuse, parmi tant d'autres) et une esthétique rétro parfaitement reconstituée (sans aucun effet numérique qui fait tâche, contrairement à ce que l'on peut trouver chez le papa des Spy Kids), on passe le tout au mixer avec des litres et des litres de jus de tomate, de tripailles et de cervelles écrasées, et l'on obtient alors un sacré bon sang de bonsoir de KICK-ASS MOVIE ! BLAM !


Image WTF de transition...

Et voilà ! C'est tout pour ce mois-ci ! Je n'ai pas vu et ne pourrai malheureusement pas bientôt voir L'étrange pouvoir de Norman, que je suis déjà sûr d'adorer mais qui ne passe pas au seul UGC de la ville où j'ai depuis peu emménagé (et comme j'ai la carte illimitée chez eux)... Tant pis, je me rattraperai sur le Blu-ray, qui fera du bon manger pour ma petite TV 3D. Je crois que je n'ai plus rien à raconter, donc... On se revoit dans un mois, les petiots (ou pas) ! Et bonne rentrée (ou pas) !

Image bonus débile (merci frérot).
Et une dernière pour la route !