6 avril 2012

Cinéblabla #2


Et c'est parti pour mon deuxième Cinéblabla, placé sous le signe du Pixel Art ! Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce style artistique assez particulier, il s'agit tout simplement de créations (généralement) numériques volontairement sommaires, réalisées pixel par pixel et avec un nombre limité de couleurs, en s'inspirant principalement des images autrefois générées par les consoles de jeux-vidéos 8-bits ou 16-bits. Je suis évidemment, comme de nombreuses personnes, particulièrement fan de cet art minimaliste, ayant passé une bonne partie de ma tendre enfance à rester bloqué pendant des heures devant la NES, les yeux remplis de toutes ces formes anguleuses que l'on pouvait magiquement faire bouger sur notre télé, en appuyant brutalement sur les gros boutons rouges de petites manettes grises toutes carrées. Combien de parties endiablées sur des jeux dont je ne comprenais même pas le principe (les manuels de l'époque étant rarement en français et moi-même à moitié attardé), combien de disputes avec mon grand-frère pour savoir "à qui c'est le tour de jouer", et combien de rêves cubiques et colorés cette merveilleuse machine m'a-t-elle procurés ? Puis vint le tour de la SNES, offrant des images plus chaudes, chatoyantes et détaillées, et m'apportant surtout un nombre incalculable de victoires sur mon frère, lors de batailles épiques et sanglantes sur Super Street Fighter 2 Turbo ou Dragon Ball Z, grâce auxquels je pouvais enfin dominer ce vil oppresseur et ainsi me venger des milles sévices et autres tortures psychologiques qu'il osait régulièrement m'infliger : "Salaud ! Tu as cassé mon arc en plastique ! Tu vas payer ! Hadooooooooken ! Kamehamehaaaaaaa !" Bref... Vous aurez compris que l'une des raisons pour lesquelles j'aime tant le Pixel Art, c'est parce que celui-ci a notamment le fantastique pouvoir de raviver, en un instant, une foule de nos souvenirs les plus simples et les plus agréables qui soient, ainsi que toute la période bénie (bien que souvent a posteriori idéalisée) et terreau naturel de ces heureux événements qu'est notre enfance. Et quand le Pixel Art prend les plus célèbres kick-ass movies pour sujets (et majoritairement les Star Wars, qui resteront peut-être à jamais la référence geek par excellence), on atteint alors le paroxysme du trip "revival", dans tout ce qu'il a de plus simultanément excitant et réconfortant ! Voici donc enfin, après cette trop longue introduction, une petite sélection de ce que j'ai pu trouvé de mieux sur la toile, en ce qui concerne l'harmonieuse alliance entre cinéma et Pixel Art (dont plusieurs créations de Jude Buffum, Andy Helms et Mega Pont) :

"Les nouveaux koopas troopas sont prêts, Lord Moustachious."
"Allez, tout le monde fait la vague pour Lord Moustachious ! Youpie !"
"Alors, les filles, je vous ramène ?"
Voilà ce qui arrive quand on se la pète trop...
"Vas-y, répète !  C'est qui l'aspirateur ?"
"C'est bon, t'es plus privé de facebook, t'es content ?"
"Preum's aux toilettes !"
Trouvez l'erreur (il y en a vraiment une)
Ça a quand même plus de gueule qu'un Oscar, non ?
Classe.
"In your ass, Marty ! Where we don't need roads !"
Et dire qu'on est maintenant plus proche du futur (2015) que du présent (1985). Snif...
"Ne croisez pas les flux !"
Juste au cas où : ce n'est pas un vrai jeu-vidéo... et c'est bien dommage !
"Yes" ! Réponds "Yes" !
Attrapez-les tous !
"Siiiiiinoooooooooook !"
"Aux toilettes, Sinok ! Grouille !"
Un jeu dans le jeu... dans le jeu tiré du film...
"Ouais, c'est ça, un avion derrière moi... Tu m'as pris pour un débile ou quoiiiAAAAARGHHHH !"
"You're gonna need a bigger boat !"
"Swim, bitch, swim !"
"Bon, j'emprunte juste leurs toilettes et je me casse..."
Si tu bouffes 100 globes oculaires, tu gagnes une vie !
A mother-fucka kick-ass fucking movie !
"Hu hu hu, raté !"
Bat-constat.
Mortal Gummies ! (Ce n'est pas un film, mais j'étais obligé de le mettre)
"Eat this, Strawberry bitch !"
Ça serait juste THE BEST GAME EVER !
"Nobody fuck with Jesus !"
"You see what happens, Larry, when you fuck a stranger in the ass ! You see WHAT HAPPENS !"
"Who's the fucking nihilist here !"
Pixels Fight Club.
"Va chercher !"
"Mon préciiiiiiiiiiiiieux !"
"Qui m'a traité de complexé du slip ? QUI ?!"
"Saloperies de canards ! RHAAAAA !!"
"Tu nous auras pas ! Pouet pouet !"
"D'OH !"
Marilyn Peach.

J’évoquais en introduction de quelle manière le Pixel Art peut automatiquement résonner avec une certaine période de nos vies, nous remémorant plusieurs moments aussi heureux qu'anodins. Dans le même ordre d'idée, en faisant ainsi directement appel à une culture populaire et générationnelle, tout en laissant place à l'imagination grâce à un minimalisme plus ou moins prononcé, le Pixel Art nous apporte également la satisfaction quasi-inconsciente de pouvoir "combler les vides". C'est-à-dire de recréer intérieurement une image complexe à partir d'une vision simplifiée, en utilisant nos références communes avec l'artiste et notre propre créativité pour interpréter et compléter ce qui nous est présenté. Cette démarche s'apparente à la création d'un code ou d'une langue (ce qui est logique, quand on sait que l'art n'est que communication), et donc d'une culture particulière, celle-ci se définissant par ses différences avec les autres cultures (telle une langue différente d'une autre langue), bien que restant forcément une partie de la Culture (comme une langue dans le Langage). le Pixel Art apparaît alors comme étant un parfait représentant de ce que l'on peut aujourd'hui appeler sans honte "la culture geek", marquant la spécificité de cette dernière (une langue artistique unique) et l'intégrant en même temps dans une culture artistique plus large et universelle (le Langage de l'Art). Dit plus simplement : en étant un art dans l'Art, le Pixel Art renforce le lien entre "culture geek" et Culture, affirmant la position de la première au sein de la seconde (un cercle dans le cercle) et combattant de la sorte sa fausse et mauvaise image de "sous-culture" se trouvant en dehors de la "vraie" Culture (idée qui est un non-sens en soi, la Culture comprenant par essence l'ensemble des cultures). En fait, c'est peut-être pas vraiment plus clair comme ça... Pour finir, voici donc quelques exemples démontrant l'existence de ce "code", certes présent dans tout art, mais peut-être plus facilement identifiable et affirmé dans le Pixel Art :

Impossible à décrypter sans les références adéquates.
Une création personnelle reprenant le même principe.
Un autre exemple, avec des références plus locales.
Une version Star Wars VI (où Dark Maul se tape l'incruste).
Et ma dernière tentative, avec seulement deux pixels par personnage.

Bien sûr, ce n'est là qu'un microscopique échantillon de tout ce que le Pixel Art peut offrir, se restreignant qui plus est au seul thème du cinéma (ou presque). Les possibilités sont évidemment infinies et le mouvement regroupe plusieurs autres artistes que je considère personnellement comme de vrais génies (l'immense Paul Robertson, sur lequel je ferai certainement un article à part entière). Mais j'espère que cette petite introduction cinématographique au Pixel Art aura déjà su éveiller votre curiosité, et vous donnera peut-être même l'envie d'en savoir un peu plus sur ce fascinant art moderne et populaire. Vive les pixels ! Pixels will never die !

Kick-Ass Pixels Movie !

2 commentaires:

  1. Énorme le coup du code couleur sur la fin ! On voit tout de suite quel bloc correspond à qui pour le truc des Avengers, alors qu'il y a que deux putains de blocs couleur ! Comme quoi, juste une référence peut sauter à la gueule ! Les couleurs d'Iron Man, du Cap ou de Hulk se voient instantanément :D On reconnait même Scarlett.... quel talent, bro !

    Ju ^^

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  2. Une mine d'or ce site, à faire tourner d'urgence
    The warrior

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