26 avril 2012

Avengers


Pour la sortie tant attendue de l'adaptation par Joss Whedon du célèbre comics The Avengers, je me permets une petite originalité : une critique sous forme de bande dessinée parodique. Je reprends ici des planches du cinquième numéro du comics original, publié par les éditions Marvel en 1964. Cliquez sur la première image pour ouvrir un diaporama avec un affichage plus lisible :


Titre original : The Avengers
Réalisé par : Joss Whedon
Date de sortir française : 25 avril 2012

19 avril 2012

Laisse-moi entrer


Pour être honnête, la raison qui m'a poussé à voir Laisse-Moi Entrer n'est pas le fait que celui-ci soit le remake anglais/américain (production anglaise [la mythique Hammer] et équipe américaine) du film suédois Morse de Tomas Alfredson, aussi plébiscité par la critique celui-ci fusse-t-il, ni même le synopsis de cette romance vampirique pourtant plus qu'originale et intrigante, mais plutôt la présence de Matt Reeves derrière la caméra, ainsi que celle de Chloë Moretz et Kodi Smit-McPhee devant son objectif. Ayant tout simplement adoré Cloverfield, l'un des rares films en found footage bénéficiant d'une mise en scène vraiment réfléchie et d'une photographie digne de ce nom (sans pour autant trahir son concept de "caméra vérité"), j'étais en effet très curieux de voir ce que pourrait donner le talent du protégé de J.J. Abrams dans une réalisation plus "classique". De même, suite à son rôle de dangereuse Hit-Girl dans le survolté Kick-Ass, où elle faisait preuve d'une maturité déconcertante pour son jeune âge, j'étais assez emballé par l'idée de voir Chloë Moretz donner la réplique à Kodi Smit-McPhee, le talentueux gamin anorexique au regard christique du magnifique La Route. Et une chose est sûre : sur ces deux points, Laisse-Moi Entrer a clairement dépassé toutes mes attentes !

"Toc toc ! Qui est là ?"

Bien sûr, j'ai été complètement transporté par l'histoire d'Owen et Abby, soit celle d'un adolescent en pleine puberté, perdu dans une crise familiale aussi triste que banale et martyrisé par des camarades de classe à la bêtise malheureusement on-ne-peut-plus réaliste, faisant la rencontre d'une fille étrange qui ne sort que la nuit et marche pieds nus dans la neige (Mon Dieu ! Une hippie !), le tout enrobé par une ambiance sombre et fantastique, dans une ville paumée où des meurtres sordides s'enchaînent à en remplir une piscine entière d'hémoglobine. Mais ce qui m'a le plus agréablement surpris dans Laisse-Moi Entrer, c'est surtout la virtuosité et la grande justesse de la réalisation, la saisissante beauté glacée de la photographie, la force évocatrice et angoissante de la musique, et la subtilité et la grâce des acteurs principaux. Pour le dire simplement : ça faisait un bon petit moment que je n'avais pas vu du si beau cinéma ! Que l'on pense à cette surprenante scène d'accident filmée de l'intérieur d'une voiture, aux nombreuses fulgurances gores et violentes qu'amènent toujours intelligemment le script et la mise en scène, à la tension de certains passages où l'intensité de la musique se joint à la noirceur des images pour nous emporter dans les plus sombres contrées, aux lumières bleutées et orangées qui enveloppent des personnages criant de vérité dans une brume froide et envoûtante, ou à la finesse des dialogues dont l’appropriée simplicité est appuyée par des gestes aussi anodins que lourds de sens... tout, dans le second long-métrage de Matt Reeves, indique que l'on est ici en face de la perfection cinématographique faite film, ni plus ni moins. Comment en effet appeler ça autrement, lorsque l'intelligence et le professionnalisme du cadrage, du découpage, de l'écriture, du montage et de la photographie se lient aussi étroitement à la puissance et l'émotion d'un jeu d'acteurs, d'une musique et d'un drame brûlant et bouleversant ? Apollon et Dionysos s'unissent alors dans un art total, comme le cinéma (peut-être le média le mieux à même de les rassembler de la sorte) devrait plus souvent nous donner la chance de l'expérimenter.

"Un, deux, trois... Soleil !"

Après de telles éloges, une question pointe alors inévitablement le bout de son nez : Laisse-Moi Entrer étant un remake, parmi toutes ces qualités précédemment énoncées, les quelles appartiennent vraiment à cette nouvelle lecture du roman d'origine (de John Ajvide Lindqvist) et lesquelles sont empruntées au film maintes fois primé de Tomas Alfredson ? J'ai donc logiquement jeté un œil, voire même deux, sur la première version cinématographique de ce conte horrifique singulier, en m'attachant principalement (si ce n'est uniquement) aux éléments qui ont éveillé en moi tant d'intérêt, c'est-à-dire la réalisation, la photographie, la musique et le jeu des acteurs principaux. En ce qui concerne les trois premiers points, la différence entre les deux films s'avère alors des plus flagrantes : d'un côté, l’œuvre de Tomas Alfredson baigne dans une lumière crue, où même les scènes de nuit sont d'une étonnante clarté, évoquant le froid grisâtre des régions nordiques et rejoignant l'aspect réaliste d'une réalisation volontairement simple et immobile, dans un rythme lent apparentant l'ensemble à un drame social tiré d'un sordide fait divers, et prenant (volontairement ?) ses distances dans des scènes d'action filmées avec la même aridité que ses dialogues, le tout accompagné d'une musique sporadique appuyant discrètement quelques moments forts du métrage ; de l'autre, Matt Reeves nous propose une vision bien plus sombre, avec la prédominance d'un noir intense mêlé aux lueurs artificielles d'une ville étreinte par la nuit, dans une mise en images très stylisée et ponctuée d'idées originales et audacieuses (cette fantastique scène d'accident !), avec un rythme également lent mais visant ici à distiller une atmosphère inquiétante, à laquelle la musique très présente et particulièrement angoissante participe grandement, n'hésitant néanmoins pas à s’accélérer subitement dans des scènes d'action beaucoup plus sanglantes et nerveuses que chez son homologue suédois, encrant ainsi totalement le film dans une tradition horrifique tout en conservant un fort aspect dramatique et romantique. Pour résumer : d'apparence, Morse ressemble un peu à un film social très lent comme on peut en voir fréquemment sur Arte, alors que Laisse-Moi Entrer a tout du pur film noir, avec une esthétique et une réalisation sophistiquées alliant judicieusement tradition et modernité.

"Dodo, l'enfant Do..."

Mais peut-on dire, à ce niveau, que l'un des deux partis-pris est objectivement meilleur que l'autre ? Pas vraiment... (Même si, personnellement, j'aurais tendance à voir certaines scènes de Morse comme de parfaits exemples de réalisation ratée, mais je suis sûr que de nombreux esprits bien-pensants sauraient me prouver qu'il s'agit là de procédés artistiques trop complexes pour ma petite tête d'attardé...) Néanmoins, cela prouve en tout cas que certains aspects m'ayant profondément marqué dans Laisse-Moi Entrer sont bien des spécificités de la version américaine qui, vous l'aurez compris, correspond donc visiblement plus à ma propre sensibilité. Par contre, il reste un point sur lequel on peut sans grande difficulté se prononcer : Chloë Moretz et Kodi Smit-McPhee sont indéniablement de plus grands acteurs que Lina Leandersson et Kare Hedebrant, les interprètes suédois de leurs rôles respectifs. Si le petit blond qui joue Oskar, la version nordique d'Owen, s'en sort vraiment pas mal et pourrait presque rivaliser avec le très doué Kodi Smit-McPhee (mais "presque" seulement, car le jeune australien porte en lui une sensibilité troublante dépassant sa fragilité physique apparente et en faisant plus qu'un "bon acteur"), la "vampirette" suédoise Lina Leandersson se fait quant à elle complètement enterrer par l’impressionnante prestation de la belle Chloë Moretz. Là où Lina, avec son physique banal (je veux pas être méchant, hein, mais bon...) et son jeu limité, n'inspire finalement que peu d'empathie et quasiment aucune crainte, Chloë réussit de son côté à dégager un charme aussi enfantin que profondément féminin, nous donnant ainsi envie de la protéger et de la serrer dans nos bras dans ses moments de faiblesse, avant de se transformer subitement en une bête féroce réellement terrifiante (prestation alors appuyée par l'emploi d'effets spéciaux, d'une direction artistique et d'une réalisation que, une fois encore, je préfère à celles de Morse). Et on ne peut ici excuser le manque d'effroi que provoque la suédoise par une quelconque volonté de réalisme affirmé : tout comme l'américaine Abby, la petite Eli (nom de la fillette vampire dans la version originale) grimpe aux arbres et aux buildings, saute de dix mètres de haut et arrache la gorge de ses victimes avec ses dents sur un fond de musique stressante... Mais elle fait juste moins peur, point (et pour son manque de charme ou son jeu moins développé, c'est là une réalité qu'aucun hypothétique mauvais choix artistique ne peut justifier).

"Bloody Mary, Bloody Mary, Bloody Mary, Bloody..."

La plupart des critiques sur Laisse-Moi Entrer ont tendance à avoir la même conclusion : celui-ci est à la fois très réussi et complètement inutile (second argument auquel je m'oppose fortement, bien entendu). Elles reconnaissent ses qualités esthétiques et l'incroyable talent de ses deux jeunes acteurs principaux, mais lui reprochent au final, avec seulement deux ans d'écart, de ne rien proposer de plus et de significativement différent par rapport au Morse de Tomas Alfredson (et même d'aller jusqu'à reproduire presque à l'identique certaines scènes du film suédois... qui sont en fait des dialogues ou des passages clés qu'il aurait été bien difficile et inutile de modifier foncièrement). Ils n'y voient donc qu'une simple américanisation d'un chef-d’œuvre qui s'en serait bien passé, juste bonne pour des spectateurs du Nouveau Continent étant globalement peu intéressés par le cinéma étranger. Si l'on peut comprendre leur rejet face à une démarche étant avant tout, il est vrai, celle de producteurs, ce quasi-consensus sur le film de Matt Reeves est cependant, à mon sens, d'une parfaite et consternante mauvaise foi ou, pire, le résultat d'une profonde incapacité à apprécier le cinéma en tant qu'art essentiellement visuel. J'y vois en effet les conséquences néfastes d'une tradition littéraire poussiéreuse, attachant aujourd'hui encore plus d'importance aux mots qu'à l'image (ce qui ne finira peut-être jamais de gangréner notre pauvre cinéma national), ainsi que le syndrome d'un esprit français/européen ronflant et s'auto-glorifiant de sa soi-disant place de carrefour au sein de la culture mondiale, comme un élitisme conservateur se gargarisant bruyamment et pouvant se traduire par la pensée suivante : "Reconnaissons que c'est un petit film bien sympa pour ces bouseux d'américains consanguins, mais nous qui sommes ouverts sur le monde, ça fait deux ans qu'on a vu le vrai, l'original, qui raconte la même chose (bien que d'une manière différente), alors ils vont pas nous la faire, à nous !" Mais si ON PREND CE FILM POUR CE QU'IL EST, et non pour ce que l'on croit qu'il devrait être (dans le cas présent, nombreux pensent qu'il ne devrait carrément pas être), on est alors forcé d'admettre que Laisse-Moi Entrer est un véritable chef-d’œuvre, alliant majestueusement forme et fond dans un passionnant et rare moment de grand cinéma ! Je mettrais même ma main à couper que si celui-ci était sorti, tel quel, en premier, Morse aurait alors sûrement été taxé de remake obscure, pompeux, fauché et à moitié raté (mais en réalité, il faut avouer que celui-ci conserve bien le mérite et le génie de la nouveauté), ce que personne ne peut en toute franchise dire sur Laisse-Moi Entrer. Et si vous n'avez pas encore eu la chance de voir le surprenant morceau de neige grise et rouge que Tomas Alfredson a eu l'intelligence et la primeur de modeler à partir du roman de John Ajvide Lindqvist, je ne peux que vous conseiller de plutôt directement visionner le diamant noir étincelant et captivant que Matt Reeves a minutieusement taillé, transcendant ainsi l'œuvre dont il s'est respectueusement inspiré. IT'S A KICK-ASS MOVIE, BABY !

"Un petit cochon pendu au plafond ! Tirez-lui la queue, il pondra des œufs !"

Pour finir, parce que ce film en vaut vraiment la peine et qu'il est toujours difficile de combattre les préjugés (ce qui justifie aussi un peu la longueur de cet article), voici les deux versions différentes d'une même petite scène, dans Morse (première vidéo, à partir de 4 min 50 et jusqu'à 6 min 30) et Laisse-Moi Entrer (deuxième vidéo en intégralité). Je pense que les images parlent d'elles-mêmes mais vous remarquerez, dans l'extrait suédois, le plan étrange où Eli se relève en disant à Oskar de partir, typiquement ce que je considère comme un réel problème de réalisation (c'est quoi ce cadrage ? Et quand on revient sur elle, pourquoi sa position est différente ?), ainsi que la lenteur générale de l'exécution ; alors que dans la version américaine, les effets spéciaux et la musique puissante s'ajoutent à une réalisation et un montage dynamiques à mon avis bien plus efficaces.

Titre original : Let Me In
Réalisé par : Matt Reeves
Date de sortir française : 6 octobre 2010










12 avril 2012

Battleship


Bien que partant d'une idée complètement débile (faire un film tiré du jeu de société "Touché Coulé", aussi appelé "bataille navale") et reposant sur une base scénaristique parfaitement crétine (on envoie un super signal dans l'espace pour contacter une planète éloignée, mais quelques aliens en vacances captent alors celui-ci et débarquent sur Terre pour le détourner et ainsi prévenir leurs copains qu'il y a plein de petits singes roses à latter et de Chocapic à bouffer dans le coin... alors que leur technologie plus avancée leur aurait logiquement permis de trouver notre bled bien avant qu'on leur envoie un pauvre fax en braille préhistorique), Battleship s'avère cependant, contre toute attente, être ni plus ni moins qu'un véritable kick-ass movie ! Pour quelles raisons ? La réponse dans les quelques lignes qui suivent.

"We're gonna need a bigger boat..."

Première explication : si Battleship respecte presque à la ligne le cahier des charges du "gros-blockbuster-qui-tache-bien-gras-et-sent-bon-le-Big-Mac", il conserve cependant une certaine distance avec le genre, dans un second degré fréquent et étonnamment conscient de la stupidité inhérente à grand nombre d'artifices classiques de l'entertainment pop-corn américain. Pour exemple, après une réplique très "bande-annonce" de l'un des persos pseudo-badass et plutôt relou du métrage (un ancien marine et champion de boxe ayant perdu ses deux jambes !), du genre : "Donnons au monde vingt-quatre heures de plus à vivre", son interlocuteur nous lance alors un surprenant et agréable : "Mais qui parle comme ça ?" Dans le même ordre d'idée, on a aussi droit à une courte séquence où des vétérans de guerre reprennent du service dans une mise en scène ringarde et pathétique, repompant l'habituel Cercle des poètes disparus sur fond de musique bateau (ha ha ha) aux relents patriotiques... avant d'heureusement voir ces mêmes petits vieux se préparer énergiquement au combat, en réanimant leur obsolète cuirassé avec du AC/DC à plein tubes pour bande-son (passage qui fout d'ailleurs grave la patate) !

"I'm gonna need a bigger gun !"

Mais n'allez pas croire que Battleship est une parodie, loin de là ! Le second degré que distille judicieusement Peter Berg dans sa réalisation reste en effet très léger et ne sera peut-être même vraiment remarqué que par les spectateurs les plus férus de blockbusters (les détracteurs du genre n'y verront sûrement qu'une autre forme de stupidité, aussi assumée qu'elle puisse être). Par conséquent, même si cet aspect est un point positif indéniable qui permet déjà à ce sympathique film de guéguerre aquatique (avec des extraterrestres !) de s'élever au-dessus du lot des habituelles productions pleines de pognon, il n'est cependant pas suffisant pour amener celui-ci au panthéon tant convoité des kick-ass movies... Entrent alors en jeu les deux gros autres atouts de Batlleship : des scènes d'action à couper le souffle et une direction artistique extrêmement maîtrisée et bien moins kitsch que ce que l'on aurait pu penser (en parlant de "kitsch", après son rôle principal dans l'excellent et injustement mal aimé John Carter, Taylor Kitsch nous montre ici qu'il est définitivement un vrai bon acteur, dont la belle gueule risque probablement de se retrouver de plus en plus en tête d'affiche). 

"You're gonna need a bigger ****."

En ce qui concerne l'action, le film nous offre évidemment un flot continu d'explosions, de tirs d'obus et de destruction de navires (et même de routes américaines ou de buildings chinois) qui feront toujours plaisir au petit garçon démolisseur de châteaux de Lego qui sommeille en chacun de nous, mais surtout des batailles navales réellement passionnantes et intenses, aussi bien pensées que superbement réalisées. Le déroulement de ces nombreuses scènes d'accrochages en mer est notamment d'une constante clarté, nous permettant ainsi de ressentir une tension particulièrement jouissive à chaque manœuvre opérée par des vaisseaux terriens et aliens en perpétuel danger. La mise en scène frôle parfois même la perfection, comme lors d'une séquence reprenant en live le principe de la "bataille navale", et où l'observation d'un radar (ingénieusement transformée en grille porche du jeu de société) nous procure alors un stress inimaginable : un pari risqué transformant une scène potentiellement ridicule à souhait en une bataille à l'aveugle magistralement orchestrée. Dans l'ensemble, c'est simple : on est tout le temps à fond dedans !

"I said : WE'RE GONNA NEED A BIGGER BOAT ! NOW !"

Au niveau de la direction artistique, celle-ci nous propose des extraterrestres plutôt crédibles et convenables, avec leurs armures à la Halo et leur faciès reptilien pas vraiment "gueule de porte bonheur", et va jusqu'à faire carrément des merveilles en ce qui concerne le design des machines de guerre de ces mêmes visiteurs venus d'ailleurs. Leurs vaisseaux spatiaux/aquatiques sont effectivement aussi impressionnants et fantastiques que réalistes dans leurs déplacements ou le déploiement de leurs différentes armes à l'efficacité redoutable. Et bien sûr, avec un tel budget (plus de 200 millions de dollars), le spectacle visuel tient la barre haute tout du long. Résultat : on y croit totalement et on se laisse alors entièrement emporter par une histoire pourtant des plus abracadabrantes. Et puis, il y a plein de couleurs de tout partout ! Je kiffe !

"You're gonna need bigger arms, boy."

Au final, Battleship est un divertissement rondement mené, bourré d'action, de belles images et d'humour, constamment conscient de ce qu'il est et proposant ainsi en toute humilité, aux spectateurs que ça pourraient bien sûr intéresser (principalement du genre masculin, ne le cachons pas), d'admirer de superbes destroyers et majestueux cuirassés se déployer dans un magnifique ballet de feu et de flammes, sur un Océan Pacifique envahi par des extraterrestres belliqueux et lourdement armés. Comble de joie, vous n'éprouverez ici aucune culpabilité à assouvir vos plus bas instincts guerriers, dans la contemplation béate de ces navires aussi grandioses que redoutables, car comme l'introduction du film nous le fait clairement comprendre (une menace peu réaliste apparait lors d'un exercice militaire) : dans Battleship, on ne se prend jamais vraiment au sérieux, on joue plutôt à la guerre pour de faux, juste pour rigoler... Et force est de reconnaître que, de temps en temps, ça fait un bien fou ! IT'S A KICK-ASS MOVIE, BABY !

"I'm gonna need bigger balls..."
 
Titre original : Battleship
Réalisé par : Peter Berg
Date de sortie française : 11 avril 2012







6 avril 2012

Cinéblabla #2


Et c'est parti pour mon deuxième Cinéblabla, placé sous le signe du Pixel Art ! Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce style artistique assez particulier, il s'agit tout simplement de créations (généralement) numériques volontairement sommaires, réalisées pixel par pixel et avec un nombre limité de couleurs, en s'inspirant principalement des images autrefois générées par les consoles de jeux-vidéos 8-bits ou 16-bits. Je suis évidemment, comme de nombreuses personnes, particulièrement fan de cet art minimaliste, ayant passé une bonne partie de ma tendre enfance à rester bloqué pendant des heures devant la NES, les yeux remplis de toutes ces formes anguleuses que l'on pouvait magiquement faire bouger sur notre télé, en appuyant brutalement sur les gros boutons rouges de petites manettes grises toutes carrées. Combien de parties endiablées sur des jeux dont je ne comprenais même pas le principe (les manuels de l'époque étant rarement en français et moi-même à moitié attardé), combien de disputes avec mon grand-frère pour savoir "à qui c'est le tour de jouer", et combien de rêves cubiques et colorés cette merveilleuse machine m'a-t-elle procurés ? Puis vint le tour de la SNES, offrant des images plus chaudes, chatoyantes et détaillées, et m'apportant surtout un nombre incalculable de victoires sur mon frère, lors de batailles épiques et sanglantes sur Super Street Fighter 2 Turbo ou Dragon Ball Z, grâce auxquels je pouvais enfin dominer ce vil oppresseur et ainsi me venger des milles sévices et autres tortures psychologiques qu'il osait régulièrement m'infliger : "Salaud ! Tu as cassé mon arc en plastique ! Tu vas payer ! Hadooooooooken ! Kamehamehaaaaaaa !" Bref... Vous aurez compris que l'une des raisons pour lesquelles j'aime tant le Pixel Art, c'est parce que celui-ci a notamment le fantastique pouvoir de raviver, en un instant, une foule de nos souvenirs les plus simples et les plus agréables qui soient, ainsi que toute la période bénie (bien que souvent a posteriori idéalisée) et terreau naturel de ces heureux événements qu'est notre enfance. Et quand le Pixel Art prend les plus célèbres kick-ass movies pour sujets (et majoritairement les Star Wars, qui resteront peut-être à jamais la référence geek par excellence), on atteint alors le paroxysme du trip "revival", dans tout ce qu'il a de plus simultanément excitant et réconfortant ! Voici donc enfin, après cette trop longue introduction, une petite sélection de ce que j'ai pu trouvé de mieux sur la toile, en ce qui concerne l'harmonieuse alliance entre cinéma et Pixel Art (dont plusieurs créations de Jude Buffum, Andy Helms et Mega Pont) :

"Les nouveaux koopas troopas sont prêts, Lord Moustachious."
"Allez, tout le monde fait la vague pour Lord Moustachious ! Youpie !"
"Alors, les filles, je vous ramène ?"
Voilà ce qui arrive quand on se la pète trop...
"Vas-y, répète !  C'est qui l'aspirateur ?"
"C'est bon, t'es plus privé de facebook, t'es content ?"
"Preum's aux toilettes !"
Trouvez l'erreur (il y en a vraiment une)
Ça a quand même plus de gueule qu'un Oscar, non ?
Classe.
"In your ass, Marty ! Where we don't need roads !"
Et dire qu'on est maintenant plus proche du futur (2015) que du présent (1985). Snif...
"Ne croisez pas les flux !"
Juste au cas où : ce n'est pas un vrai jeu-vidéo... et c'est bien dommage !
"Yes" ! Réponds "Yes" !
Attrapez-les tous !
"Siiiiiinoooooooooook !"
"Aux toilettes, Sinok ! Grouille !"
Un jeu dans le jeu... dans le jeu tiré du film...
"Ouais, c'est ça, un avion derrière moi... Tu m'as pris pour un débile ou quoiiiAAAAARGHHHH !"
"You're gonna need a bigger boat !"
"Swim, bitch, swim !"
"Bon, j'emprunte juste leurs toilettes et je me casse..."
Si tu bouffes 100 globes oculaires, tu gagnes une vie !
A mother-fucka kick-ass fucking movie !
"Hu hu hu, raté !"
Bat-constat.
Mortal Gummies ! (Ce n'est pas un film, mais j'étais obligé de le mettre)
"Eat this, Strawberry bitch !"
Ça serait juste THE BEST GAME EVER !
"Nobody fuck with Jesus !"
"You see what happens, Larry, when you fuck a stranger in the ass ! You see WHAT HAPPENS !"
"Who's the fucking nihilist here !"
Pixels Fight Club.
"Va chercher !"
"Mon préciiiiiiiiiiiiieux !"
"Qui m'a traité de complexé du slip ? QUI ?!"
"Saloperies de canards ! RHAAAAA !!"
"Tu nous auras pas ! Pouet pouet !"
"D'OH !"
Marilyn Peach.

J’évoquais en introduction de quelle manière le Pixel Art peut automatiquement résonner avec une certaine période de nos vies, nous remémorant plusieurs moments aussi heureux qu'anodins. Dans le même ordre d'idée, en faisant ainsi directement appel à une culture populaire et générationnelle, tout en laissant place à l'imagination grâce à un minimalisme plus ou moins prononcé, le Pixel Art nous apporte également la satisfaction quasi-inconsciente de pouvoir "combler les vides". C'est-à-dire de recréer intérieurement une image complexe à partir d'une vision simplifiée, en utilisant nos références communes avec l'artiste et notre propre créativité pour interpréter et compléter ce qui nous est présenté. Cette démarche s'apparente à la création d'un code ou d'une langue (ce qui est logique, quand on sait que l'art n'est que communication), et donc d'une culture particulière, celle-ci se définissant par ses différences avec les autres cultures (telle une langue différente d'une autre langue), bien que restant forcément une partie de la Culture (comme une langue dans le Langage). le Pixel Art apparaît alors comme étant un parfait représentant de ce que l'on peut aujourd'hui appeler sans honte "la culture geek", marquant la spécificité de cette dernière (une langue artistique unique) et l'intégrant en même temps dans une culture artistique plus large et universelle (le Langage de l'Art). Dit plus simplement : en étant un art dans l'Art, le Pixel Art renforce le lien entre "culture geek" et Culture, affirmant la position de la première au sein de la seconde (un cercle dans le cercle) et combattant de la sorte sa fausse et mauvaise image de "sous-culture" se trouvant en dehors de la "vraie" Culture (idée qui est un non-sens en soi, la Culture comprenant par essence l'ensemble des cultures). En fait, c'est peut-être pas vraiment plus clair comme ça... Pour finir, voici donc quelques exemples démontrant l'existence de ce "code", certes présent dans tout art, mais peut-être plus facilement identifiable et affirmé dans le Pixel Art :

Impossible à décrypter sans les références adéquates.
Une création personnelle reprenant le même principe.
Un autre exemple, avec des références plus locales.
Une version Star Wars VI (où Dark Maul se tape l'incruste).
Et ma dernière tentative, avec seulement deux pixels par personnage.

Bien sûr, ce n'est là qu'un microscopique échantillon de tout ce que le Pixel Art peut offrir, se restreignant qui plus est au seul thème du cinéma (ou presque). Les possibilités sont évidemment infinies et le mouvement regroupe plusieurs autres artistes que je considère personnellement comme de vrais génies (l'immense Paul Robertson, sur lequel je ferai certainement un article à part entière). Mais j'espère que cette petite introduction cinématographique au Pixel Art aura déjà su éveiller votre curiosité, et vous donnera peut-être même l'envie d'en savoir un peu plus sur ce fascinant art moderne et populaire. Vive les pixels ! Pixels will never die !

Kick-Ass Pixels Movie !