29 mars 2012

La Colère des Titans


Nietzsche est sur le point de gagner : les hommes ne prient plus les dieux et ceux-ci perdent ainsi peu à peu leurs pouvoirs, annonçant enfin le déclin d'une époque obscure et révolue. Mais ce que le plus moustachu des philosophes allemands n'avait pas prévu, c'est qu'un mal encore plus grand et néfaste que la croyance en de vieux barbus en toges, allait alors en profiter pour reprendre des forces et essayer d'asservir à son tour le monde des hommes. En effet, les murs du Tartare de bœuf sont en train de s'effondrer, relâchant sur Terre la colère des Titans et l'ombre destructrice du terrifiant Chronos ! Vite, Persil Persée, fils de Zeus, vole à notre secours !

"Hu, cocotte !"

Autant le dire tout de suite : La Colère des Titans n'est pas réellement ce qu'on pourrait appeler un Kick-Ass Movie... Mais c'est assurément un très bon divertissement ! Commençons donc, question d'en être débarrassé, par tenter de comprendre pourquoi ce film pourtant sympathique, réalisé par un Jonathan Liebesman assez doué, n'est pas à proprement parler un chef-d’œuvre du cinéma d'action. La première explication qui me vient à l'esprit est des plus simples : l'histoire et le développement des personnages sont tout bonnement au ras des pâquerettes. Et si certains reprochaient injustement au grandiose John Carter ce genre de lacunes, ils pourraient alors à raison reporter leurs critiques sur cette Colère des Titans (et s'ils osent, à ce niveau, mettre arbitrairement les deux films dans le même panier, ils prouveront alors définitivement leur mauvaise foi boursouflée d'odieux préjugés). Ce n'est pas tant que les relations entre les différents personnages ne soient pas clairement posées, mais plutôt que celles-ci manquent cruellement de scènes leur étant entièrement dédiées et leur donnant de la sorte plus de vérité. Par exemple, Persée décide principalement de se lancer dans cette nouvelle bataille afin de protéger son fils Hélios et son avenir (en même temps que celui de toute l'humanité) : si l'on comprend parfaitement cette motivation, on a cependant du mal à la faire nôtre lorsque l'on ne voit que trois minutes de complicité, à tout casser, entre ce père à moitié divin et sa progéniture chevelue, lors de l'introduction. Alors que la mort de la mère d'Hélios (qui a claqué avant le début de l'histoire, ce n'est pas un spoiler) était justement un bon prétexte pour renforcer les liens de cette famille monoparentale, celle-ci est à peine énoncée et simplement utilisée comme une facilité scénaristique permettant à l'apollon en jupette courte de draguer la blondinette Andromède en toute moralité. Dans le même ordre d'idée, la romance latente et finalement vite expédiée entre ces deux protagonistes, semble plus être là pour éviter au film de trop puer la testostérone à plein nez (et aussi fournir aux bandes-annonces quelques gros plans de la demoiselle, les yeux artificiellement mouillés par la peur de perdre son bien-aimé), que pour donner plus de corps et d'âme à leurs rôles décidément trop lisses et survolés. Conséquence : une grande partie de la tension dramatique attendue est portée disparue, atténuant par là-même la force des nombreuses scènes d'action néanmoins réussies. On notera tout de même les prestations plutôt convaincantes de Liam Neeson et Ralph Fiennes, respectivement Zeus et Hadès, dont le conflit fratricide, mis en parallèle avec celui opposant Persée à son demi-frère et dieu de la guerre Arès, permet à l'ensemble de conserver une (très) légère atmosphère de tragédie.

"Être ou ne pas être, telle est la question..."

Mais bien qu'étant objectivement un réel défaut, le peu de profondeur de l'histoire et des divers personnages réussit malgré tout à présenter une certaine qualité : ici, notre manque d'investissement émotionnel dans le récit n'est pas dû à une narration mal maîtrisée qui prendrait toutefois le temps de s'étendre sur des détails totalement dénués d'intérêt, mais bien à un traitement volontairement bref et succinct des éléments scénaristiques pouvant sembler les moins essentiels. Ce choix, sans doute discutable (mais que je trouve personnellement meilleur que celui effectué dans Les Immortels, où une histoire simple et peu palpitante s'étend sur d'interminables longueurs inutiles), a alors au moins le mérite d'offrir une généreuse et prépondérante place à l'action. Rien que de l'action, toujours de l'action : tel semble être le mot d'ordre de La Colère des Titans ! Et au bout d'une dizaine de minutes seulement, avec un premier affrontement particulièrement sauvage et brutal contre l’imposante Chimère, on réalise effectivement qu'on n'est pas là pour enfiler des perles !

"Au pied, le chien-chien ! J'ai dit : au pied !"

À ce niveau, la caméra de Liebesman, souvent proche du sol et (raisonnablement) mouvementée, arrive d'ailleurs à retransmettre efficacement la violence des nombreux accrochages avec un bestiaire mythologique aussi varié que surprenant, sans pour autant tomber dans les travers du "je-bouge-l'objectif-dans-tous-les-sens-pour-montrer-qu'il-se-passe-quelque-chose" ou du presque aussi énervant "je-tourne-tout-mon-film-au-ralenti-et-du-coup-il-dure-trois-heures" (technique aussi connue sous le nom de "syndrome Zack Snyder"). Quant aux créatures elles-mêmes, presque toutes numériques (excepté un Minotaure à moitié taureau et à moitié Sinok), elles sont plus ou moins bien intégrées aux éléments réels qui les accompagnent, dans des plans se révélant alors soit acceptables, soit carrément impressionnant. On retiendra surtout des effets de flammes, de lave et de particules véritablement saisissants, atteignant des sommets au cours d'une lutte finale spectaculaire, avec un virevoltant balai pyrotechnique aux couleurs ultra-flashy et explosives.

"Siiiiiinooook !"

En parlant de couleurs flashy, la direction artistique, assez kitsch dans son ensemble, pourra autant vous déplaire que vous convenir, selon vos propres goûts personnels. Certains n'y verront probablement qu'une repompe de 300 passée au mixeur avec quelques trolls et bestioles du Seigneur des Anneaux, donnant au tout l'allure d'un épisode de Bioman "version antique" à gros budget... Alors que d'autres (dont je fais partie) se rappelleront peut-être le culte et gentiment ringard Zu, les guerriers de la montagne sacrée, de Tsui Hark, retrouvant ainsi une fraîcheur visuelle qui fait souvent défaut aux productions actuelles, généralement plus austères. Entre un Tartare flamboyant, un immense labyrinthe aux parois mouvantes, une île mystérieuse gardée par des cyclopes belliqueux, la sublime transformation des dieux venant de rendre leur dernier souffle sacré (relecture plus grave et dramatique de la désintégration vampirique de Blade 2) et un Persée chevauchant les airs sur son Pégase noir comme la nuit, La Colère des Titans assume constamment son esthétique on ne peut plus fantastique, judicieusement contre-balancée par une réalisation plutôt réaliste. Dans le même sens, mais avec un peu moins de réussite, les musiques tentent également de mélanger élans épiques et arrangements modernes dynamiques. Du coup, l'oreille décroche parfois (on se demande si on n'a pas déjà entendu tel ou tel thème dans un Tekken ou un Street Fighter...), sans pour autant nous couper de l'action, que certaines montées aux sonorités rock soutiennent même plutôt bien.

"Hum... J'ai comme une impression de déja vu..."

En résumé, La Colère des Titans est bel et bien l'honnête divertissement qu'on nous avait promis... mais rien de plus. Attention, loin de moi l'idée de déprécier cet aspect ! Seulement, il vous faut savoir à quoi vous attendre, avant de vous précipiter naïvement, le cœur bondissant, dans les salles obscures de votre quartier. Si vous cherchez un film d'action nerveux, où "ça pète de partout", avec des monstres gigantesques qui en prennent plein la tronche, des dieux surpuissants qui se mettent des patates de l'espace (et utilisent même les pouvoirs de la Force, dans un court passage qui m'a fait un brin sourire), voire avec deux ou trois notes d'humour en rab (la bonne vanne d'Agénor, side-kick un poil relou, dans le labyrinthe), le tout dans un rythme survolté et boosté à la minotaurine, alors cette humble Colère des Titans a de grandes chances de vous faire passer un agréable moment. Mais si vous espériez aussi y trouver une histoire forte, pleine de rebondissements et d'émotion, exaltant superbement des scènes d'action aux enjeux personnels et universels bouleversants (comme ce que l'on peut boire et manger à foison dans le formidable Gladiator de Ridley Scott, par exemple), n'allez pas plus loin, vous vous êtes trompé de chemin... Une fois que l'on sait ça, on peut ensuite apprécier le film de Liebesman comme il se doit : en mettant une partie de son cerveau sur off et en ouvrant bien grand les yeux pour se rassasier, sans aucune honte, de ce gros bonbon acidulé sentant bon le sang, la terre, le feu et la transpiration (quel poète). Et puis... il y a quand même Sinok !

"Sinok... aime... Choco... Argh..."

P.-S. La 3D stéréoscopique est pas mal du tout ! Bien propre, elle ne nuit jamais à l'action, et on a même droit à quelques petits effets de jaillissement marrants (celui de la Chimère m'a vraiment surpris) !

"Ressens la puissance de ma 3D !"

Titre original : Wrath of the Titans
Réalisé par : Jonathan Liebesman
Date de sortie française : 28 mars 2012











Article (plus ou moins) en rapport avec celui-ci :
- Cinéblabla #1

24 mars 2012

Cinéblabla #1


Première tentative d'une série d'articles fourre-tout, où je compte principalement parler de mes stimulations cinématographiques du moment, des meilleures bandes-annonces et news que j'aurai honteusement volées à d'autres sites et blogs plus au courant (voir mon blogroll en bas de la colonne de droite, et principalement le célèbre Ain't it cool), et raconter un peu ma vie palpipante, tant que cela reste bien évidemment en rapport avec le cinéma. 

"Ça t'intéresse, hein ?"

Pour commencer, vous aurez certainement remarqué la belle image trônant majestueusement en tête de ce précurseur Cinéblabla. Bien que circulant depuis un bon moment sur le net, je viens tout récemment (désolé) de découvrir cette superbe affiche teaser de l'adaptation du manga culte Cobra, réalisée par celui qui mériterait clairement d'être la personnalité préférée des français (à la place de l'autre handicapée de la raquette et du micro), je veux parler du très doué Alexandre Aja (Haute Tension, La Colline a des yeux, Piranha 3D...). Tiens, d'ailleurs, j'ai toujours pas vu Mirrors... Bref, le viril Cobra arbore ici fièrement son bras "psychogun" ultra-phallique et son fameux cigare qui l'est à peine moins, ainsi qu'un petit corps musclé parfaitement moulé dans une combi en cuir rouge du plus bel effet. Le tout avec une classe pourtant assurément badass ! J'en suis tout émoustillé ! L'attente sera longue d'ici l'été 2013, période à laquelle devrait sortir ce film résolument aguicheur (ça me laissera au moins le temps de lire le manga et de mater les anime).


Tant qu'on parle du loup, voici la nouvelle bande-annonce de Piranha 3DD, la suite du long-métrage sexy-gore-comique du réalisateur français définitivement expatrié (on ne lui reprochera pas, loin de là !), cette fois-ci tournée par un autre mordu d'horreur, un certain John Gulager à l'origine des films Feast (f**king ?). Je ne refais pas le topo, tout le monde sait qu'on aura droit au retour de Christopher "Doc Brown" Lloyd, ainsi qu'à la présence apparemment assez importante de David "First-of-all-I'm not-a-lifeguard-never-was" Hasselhoff, accompagnés de nombreuses beautés pulpeuses dénudées et bientôt réduites en bouillie par d'horribles poissons carnassiers tout en 3D. L'ensemble donne plutôt confiance et tous mes espoirs seront comblés si l'on y retrouve ne serait-ce qu'une seule scène aussi énorme que le fantastique "mes-cheveux-sont-pris-dans-l'hélice-du-bateau-et-du-coup-je-me-fais-scalper" du premier opus généreusement régressif.


Dans un genre complètement différent, je suis aussi pas mal impatient de voir Cosmopolis, de Cronenberg, débouler sur nos écrans (le 23 mai 2012). Si je ne connais pas le roman d'origine écrit par Don DeLillo, le teaser du film, avec sa typo fluo très 80's, sa violence froide, sa sexualité affichée et son ambiance barrée sous acide, me fait fortement pensé à l’œuvre de Bret Easton Ellis, dont je suis un grand fan. Dans ce sens, Robert Pattinsson semble tout simplement parfait, avec son énervante beauté glacée (oui, je suis jaloux et j'assume), pour ce rôle de jeune et séduisant milliardaire désabusé et visiblement perturbé, personnage principal d'un film singulier bien parti pour devenir un pur trip en roue libre, aussi percutant qu'une balle dans la main (ou un couteau dans l’œil).


Après les 80's, place aux merveilleuses et inoubliables 90's avec le documentaire Hit So Hard, s'intéressant au parcours chaotique de Patty Schemel, batteuse du non moins tumultueux groupe grunge Hole. Pour ceux qui ne s'intéressent pas particulièrement à ce style de musique (ou à la musique tout court), rappelons que Hole est l'ancien groupe de Courntey Love, veuve de Kurt "icône-générationnelle-et-éternelle" Cobain (le groupe actuel de Courtney en mode "mamie-liftée-je-sais-plus-chanter-et-ça-fait-quinze-ans-que-j'ai-rien-mangé" s'appelle également Hole, mais ce n'est là qu'un pathétique coup marketing de la bourgeasse la plus déglinguée de Californie, afin de compenser le manque flagrant de tubes sur son dernier album enregistré sans ses anciens camarades). Le film sera l'occasion de revenir sur la scène musicale marquante de toute une époque et d'ainsi secouer la tête comme un forcené au son des guitares saturées, tout en bougeant notre popotin en rythme dans notre vieux jean troué (Hole faisait quand même de sacrés bons morceaux, au début), mais aussi et surtout de découvrir pour la première fois des images inédites du quotidien de Kurt, notamment avec sa petite et mimi Frances Bean, Patty Schemel ayant été l'une des plus proches amies du regretté leader de Nirvana. Une étonnante plongée en backstage (sans tuba ni palmes, mais avec une bonne dose d'énergie électrique), à ne manquer sous aucun prétexte pour tous les fans du junky le plus talentueux de sa décennie.



Et après les 90's, place au futur ! La bande-annonce version longue (européenne) et en VOST du plus que prometteur Prometheus, de Ridley Scott, vient de sortir ! Les images se passent de commentaires, cette préquelle d'Alien s'annonçant tout simplement comme l'une des plus grosses claques de l'année (si ce n'est LA plus grosse claque de l'année). Vivement sa sortie dans toutes les salles obscures de la galaxie, le 30 mai !


Dernières vidéos pour la route, deux ultimes trailers du très prochain Wrath of the Titans, s'attardant sur la Chimère et le Makhai, monstres mythologiques remis au goût du jour dans cette suite a priori épique et brutale du navet cosmique Le Choc des Titans. Enfin, pour le premier film, réalisé par Louis Leterrier (qui est depuis retourné dans le sien... de terrier), je me fis aux 100% d'avis défavorables qu'on m'en a donner, n'ayant pas encore pu personnellement juger son niveau de nullité. Je devais d'ailleurs le voir à sa sortie, avec un couple d'amis auxquels j'ai cependant mis un plan monumental, les laissant ainsi subir seuls les conséquences de mes erreurs répétées (honte sur moi, je suis même celui qui avais proposé d'aller voir cette bouse). Tout le monde s'en fout, mais c'est là l'occasion de réitérer sur la place publique une demande d'excuse bien méritée : "Pardonne-moi, Jam !" Plus sérieusement ("Non, j'étais sérieux, Jam, je te jure ! Pardon ! Pardon !"), malgré un lourd passif avec son aîné, cette Colère des Titans m'interpelle de plus en plus, et j'ai carrément envie de croire qu'on aura cette fois droit à un actioner antique honnête et jouissivement bourrin, voire peut-être même plus efficace que le déjà pas si mauvais Les Immortels. Et puis Jonathan Liebesman, dont le remake de Massacre à la tronçonneuse était tout à fait respectable (il faut aussi que je vois son World Invasion : Battle Los Angeles), remplace l'autre tâcheron de chez Besson , alors... Verdict mercredi prochain !



Quand on y pense, miser sur l'éventuelle qualité de La Colère des Titans n'est un très gros pari : n'en attendant pas grand chose à la base, je risque donc plus facilement d'être agréablement surpris que profondément déçu. À l'inverse, en ce qui concerne la prochaine réalisation du même Liebesman, soit un nouveau film live des Tortues Ninja, les enjeux sont largement plus importants, et c'est pourquoi je suis depuis peu terrorisé par une annonce accablante du producteur sur ce projet : notre grand ami Michael "J'aime-les-gros-robots-et-les-blagues-vulgaires" Bay. Celui-ci a en effet affirmé et confirmé (depuis la levée de boucliers de nombreux fans) que dans cette version prévue pour 2013, nos chères têtes vertes dévoreuses de pizzas ne seront plus le résultat d'une exposition prolongée au visqueux et dangereux Mutagène, mais auront... wait for it... DES ORIGINES EXTRATERRESTRES ! Comme tous les amoureux de cinéma ayant grandi dans les années 80/90 et conservant encore aujourd'hui une part de l'enfant qu'ils étaient alors, je suis tout bonnement sur le séant : "Quel est l'intérêt de ce changement à la c** ? Est-ce que Splinter viendra également d'une autre planète ? Est-ce qu'il existe différents mondes où les diverses espèces que nous connaissons sur Terre sont aussi intelligentes que nous et subissent ainsi la stupidité de scénaristes handicapés osant bêtement plaquer un anthropomorphisme illogique sur l'univers tout entier (alors que La Planète des singes - pas celui de Burton - avait réussi à éviter cet écueil grâce à sa grande pirouette finale) ? Mais quel est le bon Dieu foutu intérêt de ce changement à la c** de m**de ? Ce n'est ni plus crédible ni plus dans l'ère du temps que l'histoire d'origine ! On est juste dans du neuf pour le neuf ! Dans l'application strict et sans âme d'un simple concept de marketing se fichant éperdument des notions de nostalgie ou même d'art ! Comme lorsque Mc Donald's a viré tout le rouge de ses enseignes pour le remplacer par du vert ! Du vert, justement ! Argh !" Saleté de syndrome Highlander 2 (ceux qui trouvent le docteur Cox de Scrubs gagnent un hamburger)...

"Venez découvrir le tout nouveau Alien Big Mac Ninja, chez Mc Donald's ! NOOON !"
"En voilà plutôt une nouvelle version qu'elle est bien ! Prends-en de la graine, Michael !"
"Sinon... OUATCHA !"
"ET PUIS JE TE BOUFFE AUSSI !"
"T'AS COMPRIIIIIIS ?! BAM BAM BAM BAM !!"

Pour finir, Bellflower a eu une conséquence plus ou moins indirecte qui est tout à son honneur, en plus de ses propres qualités : me donner envie de revoir la trilogie Mad Max. À vrai dire, maintenant que j'y pense, je ne suis même plus sûr d'avoir vraiment vu le premier, mais de peut-être uniquement me rappeler ce que mon frère m'en avait raconté. Et pour le deuxième ? En tout cas, je me souviens bien des "hommes-porcs", ou un truc dans le genre, dans Mad Max 3, je crois... Bon, je me regarde ça de suite ! Sinon, lundi soir, je vais à l'avant-première de Amercian Pie 4, avec toute l'équipe du film ! Tout le monde s'en cogne et j'en ferai clairement pas une critique (j'ai quand même un semblant de ligne éditoriale) mais, je ne sais pas pourquoi, j'avais envie de le dire... C'est chose faite ! Vive Stifler ! Stifler forever !

"Good job, dude !"
 
Article (plus ou moins) en rapport avec celui-ci :
- La Colère des Titans

23 mars 2012

Bellflower


J'ai un peu hésité avant de rédiger une critique de Bellflower. Connaissant mon extraordinaire capacité à parler pour ne rien dire pendant des heures et sachant que celle-ci se traduirait, dans le cadre d'un blog, en de nombreux articles terriblement longs et chronophages pour leur auteur, je m'étais ainsi donné d'entrée de jeu une seule et unique règle de conduite en démarrant Kick-Ass Movies : n'écrire que sur les films que j'aurais clairement aimés (composer mes avis et diverses argumentations avec une classe, une intelligence et un talent littéraire indéniables ne découlant pas de règles mais d'un don purement naturel). Dans ce sens, Bellflower ne mérite pas vraiment sa place de troisième long-métrage chroniqué sur le présent blog, n'ayant pas clairement aimé cet ovni indépendant, malgré ses multiples et indéniables qualités. Mais depuis sa vision, je ne peux néanmoins m'empêcher de repenser à cette première œuvre troublante du réalisateur/monteur/producteur/acteur principal (et constructeur de ses propres caméras !) Evan Glodell. Sans savoir réellement pourquoi, je n'arrête pas de retourner certaines de ses séquences les plus fortes ou les plus anodines dans mon esprit vaporeux, de me rejouer encore et encore l'histoire pourtant simple de ces deux amis fans de Mad Max s'amusant à créer leurs propres lance-flamme et muscle car, plus en hommage à leurs souvenirs d'enfance (et preuve évidente de leur peur de grandir) qu'en prévision d'une éventuelle apocalypse, comme ils aiment à le raconter. Je me repasse intérieurement en boucle les sublimes images de ce début de romance touchante portée par des acteurs authentiques, au jeu sensible et presque à vif, tout comme la fin malheureusement inévitable, effrayante et surréaliste de cette même idylle, dans un déluge de cris et de colère, de flammes et de tonnerre, incursion ardente et fulgurante d'un véritable enfer sur Terre. Je ne cesse également de me rappeler la flamboyante beauté esthétique qui brûle chaque plan de ce film résolument iconique, ainsi que son ambiance suffocante magnifiée par un montage audacieux et une bande originale respirant agréablement le bon rock indé. Mais une partie de moi continue aussi de s'écrier : "Mais pourquoi cette trame secondaire avec le personnage de Courtney ? Même si j'en comprends le sens et la volonté (montrer le cycle de la souffrance grâce au schéma classique du "je souffre et fais souffrir à mon tour, même sans forcément le vouloir"), son traitement trop superficiel la rend peu crédible et arriverait presque à rendre ridicule un final pourtant dramatique et explosif ! Et pourquoi ils picolent tous à longueur de journée dans ce film ? Un peu, je veux bien (la voiture avec distributeur de whisky intégré, une idée plutôt marrante). Mais là, ça en devient ridicule (bière-bacon au petit-déjeuner, le lendemain d'une énorme cuite) ! Surtout qu'on ne montre jamais cet alcoolisme universel comme étant un vrai problème, mais juste en tant qu'élément de fond naturel et faussement cool (sûrement pour "faire jeune") ! Et le film aurait était tellement meilleur avec un rythme plus serré et sans quelques scènes honnêtement quasi-dénuées d'intérêt, voire totalement ratées ! Perso, je t'aurais balancé une demi-heure à la poubelle sans sourciller !" Ce à quoi une autre partie de ma conscience divisée continue alors de susurrer : "C'est un premier film, avec toute la générosité et le trop-plein que cela implique. Sois indulgent, surtout au vu de son audace et de tout ce qu'il offre à côté". Et aujourd'hui encore, je poursuis ainsi ma petite réflexion sur Bellflower. Sûrement pour tenter d'en retirer quelque chose de plus identifiable que cette étrange impression de tristesse et de rage qui m'habite depuis la fin de la projection, ou peut-être pour une plus simple et personnelle raison (moi aussi, je kiffe Mad Max). Dans tous les cas, une chose est sûre, si je ne peux pas dire que j'ai clairement aimé ce film pré-apocalyptique aussi incandescent qu'imparfait (les deux s'impliquant d'ailleurs probablement), je peux cependant avouer que celui-ci m'a profondément marqué. Rien que pour ça (et si l'on suit l'adage voulant que les règles sont faites pour être brisées), il méritait bien quelques lignes !

"Merci, mec !"

Titre original : Bellflower
Réalisé par : Evan Glodell
Date de sortie française : 21 mars 2012












21 mars 2012

John Carter



Il était une fois un petit garçon pas comme les autres, un petit garçon qui ne voyait pas l'intérêt que pouvaient trouver ses camarades à taper toute la journée dans un ballon avec leurs pieds ou à se cogner les uns les autres pour impressionner des filles qui faisaient mine de s'en moquer. À la place, celui-ci préférait s'évader dans ses pensées, rêvant de mondes mystérieux et étrangers, de monstres gigantesques à terrasser et de belles princesses à délivrer. En classe, il passait alors son temps à dessiner tout ce qu'il pouvait imaginer et à reproduire ce qu'il avait parfois vu à la télé, comme les personnages de ses dessins-animés préférés et les créatures effrayantes de ces films que ses parents lui interdisaient de regarder. Mais en grandissant, le petit garçon arrêta progressivement ses escapades en dehors de la réalité et gribouilla de moins en moins dans les coins de ses cahiers, ses esquisses ne devenant plus que les furtifs reflets d'images tremblantes aux contours à présent effacés, les dernières cendres froides d'un univers presque entièrement calciné. Jusqu'au jour où le petit garçon s'en fut définitivement allé, laissant sa place à un homme n'ayant plus vraiment le temps de rêver. Mais cet homme n'a pas pour autant tout oublié, et si certains de ses semblables sont aujourd'hui profondément et irrévocablement blasés, il conserve de son côté une part de l'enfant qu'il était, telle une mince flamme ne demandant qu'à être ravivée...

"Oh, c'est quoi cette intro pourrie ? Tu parles de mon film ou quoi ?"

C'est alors que John Carter est arrivé ! Soufflant à pleins poumons sur un brasier encore ardent, balayant d'un vent violent la fumée noire qui enveloppait insidieusement son cœur asphyxié, le film d'Andrew Stanton (réalisateur de WALL-E et scénariste des Toy Story, entre autres choses) a subitement ranimé l'âme d'enfant qui sommeillait dans le regard de cet homme égaré. Les mondes mystérieux, les monstres gigantesques et les belles princesses de ses rêves d'autrefois étaient à nouveau là, dansant devant ses yeux émerveillés dans un balai parfaitement orchestré. Des vaisseaux "naviguant sur la lumière", des tribus extraterrestres aux mœurs guerrières, des bêtes féroces et étonnantes, un conflit ancestral entre "hommes rouges" sur le point de s'achever dans une mare de sang bleu, une technologie secrète impressionnante, une déesse sacrée et ses énigmatiques messagers, mais aussi et surtout un amour pur dont la recherche et la sauvegarde nous apparaissent comme les seules causes qui méritent d'exister : bienvenue sur Mars ! Ou devrais-je plutôt dire : bienvenue sur "Barsoom" !

"Yo, mec ! T'as pas une clope ?"

Adapté d'un roman d’Edgar Rice Burroughs (la papa de Tarzan), Une princesse de Mars, premier tome du Cycle de Mars, œuvre fondamentale de la littérature de science-fiction, John Carter est un vrai film classique, dans tous les sens du terme. Passant derrière des métrages ayant fortement été influencés par son matériau d'origine (la saga Star Wars en tête), l'excursion du capitaine John Carter sur la Planète Rouge peut ainsi paradoxalement, pour les spectateurs non-avertis, sembler recycler après coup des éléments depuis maintes fois vus et revus dans le genre pourtant trop rare du space opera. Mais il serait mentir de dire que ce manque d'originalité (forcé par l'inévitable écoulement du temps) porte un grand préjudice à cette nouvelle/ancienne épopée, la dénuant de la sorte de tout intérêt, comme trop de critiques auraient tendance à rapidement en juger. Car si l'amalgame entre "classique" et "convenu" est devenu un consensus stupidement approuvé par une majeure partie de la presse spécialisée (parfois plus encline à s'auto-congratuler sur sa "branchitude" auto-proclamée qu'à essayer de voir et d'aimer les films pour ce qu'ils sont vraiment), tout spectateur honnête et portant un regard aussi ouvert qu'avisé sur l'histoire qui lui est ici présentée ne pourra alors légitimement lui reprocher son indéniable classicisme, dont elle fait preuve avec une profonde humilité. Quant à ceux qui auraient gardé ne serait-ce qu'un bout d'orteil en enfance, comme notre petit garçon en introduction, ils n’excuseront pas seulement avec une profonde clémence le caractère classique de ce long-métrage, mais iront jusqu'à apprécier celui-ci à sa juste valeur, se satisfaisant pleinement de sa présence rassurante, tels des bras forts et tendres encerclant amoureusement un film au charme par là même aussi daté qu'actuel, c'est-à-dire intemporel.

"Quoi, t'aimes pas ma tronche ?! Tu sais ce qu'il te dit le "classique" ?!"

S'il est vrai que le manque d'originalité est souvent l'apanage de pratiques peu scrupuleuses visant une simple économie de moyens et/ou méprisant ouvertement les spectateurs selon le principe ordurier du (excusez mes mots) "donnons-leur la merde qu'ils ont envie de bouffer", il serait néanmoins hasardeux de transformer cette tendance en principe absolu et de jeter aveuglément toutes formes de classicisme dans le même panier. Il est bien heureusement des œuvres d'inspiration classique dont l'intention est, au contraire, on ne peut plus honorable : faire respectueusement référence à des pièces maîtresses antérieures (les premiers et véritables "classiques", dont les romans de Burroughs font indéniablement partie), en partageant la vision positive et juste que ce qui est passé n'est pas forcément dépassé pour autant. Et avec sa réalisation aussi académique que dynamique, sa passion évidente pour une science-fiction de qualité (que son dernier long-métrage d'animation aux studios Pixar prouvait déjà avec virtuosité) et sa déférence envers une histoire qu'il se préserve de dénaturer, Andrew Stanton est clairement dans une démarche résultant de cette deuxième catégorie. Ici, la conventionnalité de la mise en images et du déroulement du récit ne sont définitivement pas les conséquences d'un manque d'investissement ou de prise de risque de la part du réalisateur, mais bien le résultat direct de sa profonde estime pour l’œuvre d'origine, dont l'aspect classique n'avait aucun intérêt à être atténué (auquel cas, pourquoi d'ailleurs l'adapter ?) et se devait au contraire d'être ouvertement assumé, voire glorifié. 

"Bon, comme t'es un peu lent, j'ai fait un dessin. Tu piges maintenant ?"

En exemple concret de cette considération permanente pour l’œuvre d'origine, et donc de tout un genre littéraire et cinématographique (si ce n'est de toute une époque), on peut citer cette courte réplique de Carter, lorsque celui-ci apprend que du sang royal coule dans les veines de la belle Dejah Thoris (qu'il a précédemment sauvée in extremis dans une scène d'action à l’héroïsme grandiose) : "Une princesse de Mars, voyez-vous ça ?", lance-t-il d'un ton mêlant à la fois un sincère ravissement et un détachement complice avec son audience invisible, de l'autre côté de l'écran. Oui, une superbe princesse martienne ! Cela peut sembler quelque peu ridicule pour notre époque désabusée, nous poussant ainsi malgré nous à esquisser un léger rictus à moitié contrôlé, mais c'est aussi une image totalement fantastique et merveilleuse, nous renvoyant à tous ces rêves que nous faisions naïvement étant enfants (enfin, pour les garçons, les filles devaient sûrement quant à elles rêver de princes vénusiens). Et après deux heures et vingt minutes d'aventure passionnante et époustouflante, nos coins de lèvres parfois précédemment relevés se transformeront alors en une unique bouche ronde d'ébahissement, ne laissant plus aucune place à un quelconque cynisme et finissant une bonne fois pour toute de nous emporter dans ce fabuleux rêve éveillé, sous le soleil brûlant et aveuglant d'une planète Mars aux allures de joyeuse cour de récréation.

"Salut, poupée... T'as du feu ?"

Ayant déjà écrit trop de lignes pour un simple article de blog que personne ne lit de toute manière, je passerai rapidement sur le jeu des acteurs toujours simple et juste (la classe américaine, limite bad boy, de Taylor Kitsch/John Carter) et parfois même étonnamment poignant (la confrontation entre Dejah Thoris [envoûtante Lynn Collins] et son père), sur la musique de Michael Giacchino aussi dépaysante que magistrale (le thème aux sonorités orientales de Carter, magnifiquement repris dans un final puissant) ou sur les nombreuses scènes d'action jouissives et épiques qui ponctuent le film dans un rythme effréné et osent montrer bien plus qu'on aurait pu l'espérer d'une production Disney (on a même droit à une décapitation !)... Mais je tiens seulement, une dernière fois, m'opposer à deux points que j'ai pu trouver dans plusieurs articles soi-disant professionnels et ayant autant de fondement qu'un "c'est pas vrai" d'écolier criant la morve au nez. Premier point : la comparaison récurrente avec le Avatar de James Cameron est, une fois le film d'Andrew Stanton bel et bien vu (mais je soupçonne quelques journalistes de ne pas aller jusque là), aussi judicieuse que celle opposant deux comédies romantiques prises au hasard parmi les tonnes de comédies romantiques engendrées par le cinéma depuis des dizaines d'années. En effet, tout ce qui lie les deux films n'est rien d'autre qu'une base commune définissant le genre même du space opera. Sur certains points, les deux épopées divergent même complètement, comme sur leurs différentes présentations de peuples extraterrestres primitifs : humanoïdes proches de la nature et à moitié bouddhistes pour l'un, gros insectes barbares à moitié ariens pour l'autre. Deuxième point : le reproche de certains à l'égard d'un éventuel manque de profondeur des personnages ne met réellement en évidence que leur propre manque de travail ou de subtilité dans leur approche générale du cinéma de genre. La présentation d'archétypes auxquels on peut facilement s'identifier étant le propre du conte classique dans toute sa grandeur, seule une caractérisation légèrement marquée est nécessaire et suffisante pour donner assez de corps aux personnages sans pour autant leur ôter leur pouvoir de modèles universels, figures quasi-mythologiques et absolues. En ce sens, le personnage de John Carter, souvent pris pour cible de ces quolibets, nous offre le maximum autorisé dans le contexte qui lui est ainsi attribué. Pour lui donner plus d'épaisseur, il faudrait peut-être en faire un ancien tueur en série travaillant dans la police ? Ou un docteur toxicomane aussi génial que socialement insupportable ? De bonnes idées de séries télé actuelles qu'il serait néanmoins un non-sens d'appliquer à une certaine forme de cinéma classique qui, je l'ai déjà mentionné, en perdrait alors autant son attrait que son identité.

"Help ! Les critiques veulent me bouffer !"

Pour résumer : il faut prendre chaque film pour ce qu'il est. Et en tant que film de science-fiction classique, tant dans le fond que dans la forme, faisant la part belle au divertissement et à la célébration des émotions les plus nobles (aussi niaises puissent-elles paraître à certains esprits trop "branchés"), John Carter est rien de moins qu'une sacrée réussite, si ce n'est la perfection même pour les enfants en mal d'aventure que nous resterons à jamais ! Véritable bouffée d'air frais dont une seule respiration suffit à nous rappeler toute une foule d'heureux événements passés, telle l'odeur du "gâteau de maman" fraîchement préparé, John Carter est tout simplement l'une des plus délicieuses madeleines de Proust qu'il m'ait été donné l'occasion de dévorer : IT'S A KICK-ASS MOVIE, BABY !

"Faut que tu mates ça, mec, ça déchire !"

Titre original : John Carter
Réalisé par : Andrew Stanton
Date de sortie française : 7 mars 2012